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 Aimeric ♠ draw a drowning

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Aimeric Shughart

MessageSujet: Aimeric ♠ draw a drowning   Dim 5 Fév - 0:23

Veritaserum
Tell me who you are
Pseudo : Tatsuki. ge : 24 ans, toujours. Pays : celui des vaches. :hihi: Crédits : Shouu (bazzart).Comment nous as tu trouvé ? je ne sais plus. :hihi: Un dernier mot : plouf.
Nom & Prénom(s) : Aimeric. Un peu lourd à porter parfois, parce que ce n’est pas un prénom commun, parfois raccourci en M. Puis vient Fraser, un peu étrange peut-être, mais rares sont ceux qui le connaissent, il n’est là que pour faire joli sur les papiers. Enfin vient Shughart, un nom de famille trop souvent écorché. Mais il enchaîne les noms en fonction des besoins, de ses activités. On le connaît sous le pseudonyme de Basca en tant que tatoueur. Et lorsque le pseudonyme Destaïr est évoqué, c’est de lui qu’on parle. ge & date de naissance : Vingt-neuf ans, autant d’années à se chercher une place concrète dans ce monde. Il est né un certain vingt-huit janvier dix-neuf cent quatre-vingt-huit. Lieu de naissance & nationalité : Aimeric est né et a grandi à Jasper, dans la province d’Alberta. Il est donc canadien de naissance, même s’il a des origines américaines de part son père. Statut de sang : non-maj, à sa connaissance il n’y a aucun sorcier dans sa famille. Situation familiale : des parents laissés à Jasper, une fratrie éclatée avec un frère mort, un autre absent, et une soeur dont il prend régulièrement des nouvelles. Situation financière : officiellement, modeste. Il vit correctement de son art, le superflu est parfaitement inutile. Seulement il a quelques fonds secrets, aussi bien cachés que tout un pan de son existence. Situation amoureuse : son coeur est pris depuis bien des années et pourtant il est célibataire. C’est trop compliqué, trop douloureux. Trop tout. Alors les corps s’enchaînent, sans réellement s’attacher plus d’une soirée. Orientation sexuelle : les courbes féminines, le corps plus rude d’un homme, peu importe, cela n’a pas d’importance à ses yeux. Il est bisexuel, sans le moindre complexe. Métiers &/ou études : tatoueur professionnel sous le pseudonyme Basca, au Enlumine. Il a passé 5 ans en France, à Paris, à l’ENSBA et a obtenu le DNSAP. À ses "heures perdues", il est aussi tueur à gages. Groupe : Peuple & Everybody



Petit test de personnalités sous forme de jauges en pourcentage, histoire d'avoir un aperçu plus global de votre personnage. Pour remplir une jauge il vous suffit de modifier la valeur comme vous le souhaitez, de dix en dix, ainsi que le pourcentage noté à la suite. Si en dessous de 20% ou au dessus de 80% merci de justifier le pourquoi dans la partie explications un peu plus bas.
Petit exemple pour illustrer : Un personnage ayant 10% en sang-froid sera très vite déstabilisé par un comportement ou une situation inhabituelle, à 50% il sera apte à se contenir face à la plupart des situations classiques de sa vie, qu'il a déjà pu affronter et pour face auxquelles il sait donc comment agir. Au delà de 80%, il aura une parfaite maîtrise de lui même et saura rester stoïque face à la quasi totalité des situations difficiles (aussi bien émotionnelles que visuelles).
Moralité
40%
Pragmatisme
50%
Sociabilité
70%
Combativité
80%
Ambition
30%

Explications éventuelles : Une enfance et une adolescence dirigés par une discipline militaire, une initiation rapide au combat et aux armes à feu. Un père violent quand il avait bu. Aimeric devait être capable de garder son sang-froid, pour supporter cela, pour se laisser modeler mais pas trop. Plus encore aujourd’hui, maintenant qu’il a du sang sur les mains, maintenant qu’il sait qu’il peut détruire une vie sans sourciller.

Manipulation
60%
Sociopathie
40%
Sang-froid
90%
Altruisme
50%
Loyauté
40%
Sensibilité
50%
Empathie
50%

Caractère : secret ✎ minutieux ✎ précis ✎ fidèle ✎ patient ✎ têtu ✎ calme ✎ observateur ✎ insolent ✎ légèrement jaloux ✎ réfléchi ✎ protecteur avec ceux à qui il tient ✎ perfectionniste ✎ inventif ✎ discret ✎ travailleur ✎ franc mais sait parfaitement mentir au besoin ✎ intelligent ✎ a des tendances solitaires ✎ courageux ✎ ponctuel ✎ modeste


More of you

(01) naturellement lève-tôt, il est toujours debout à 6h du matin, que ce soit pour aller se placer quelque part pour observer le lever du soleil ou pour un simple footing matinal. Il vit avec le soleil, même si la nuit est un domaine qui lui plaît, avec ses zones d’ombre et ses mystères. Comme lui. ✎ (02) se montre carré dans ses affaires et ses habitudes. Rigueur militaire pourrait-on dire, il respecte ses horaires et ses projets. Il est tout aussi carré dans sa vie, dans la manière dont il plie ses vêtements, fait son lit... ✎ (03) pourtant, lorsqu’il dessine, il est tout sauf carré. Il dessine tout ce qui lui passe par la tête, enchaîne les courbes, brise les formes géométriques pour briser la pseudo-perfection de ces formes. Il est un artiste, le dessin c’est sa passion, sa vie et s’il pouvait ne faire que cela de ses journées, il le ferait volontiers. ✎ (04) aime la nature, se perdre des heures dans un parc, se poser sur une pierre et regarder une rivière couler à son rythme. Lorsqu’il doit dessiner quelque chose de réaliste, que ce soit un objet, une plante ou un animal,il privilégie toujours une observation en direct, se retrouver devant son sujet pour l’observer sous tous les angles, à de simples photos. Il est de ceux qui n’hésitent pas à parcourir des centaines de kilomètres pour trouver l’inspiration, et à collectionner tout ce qui l’intéresse. ✎ (05) ainsi, il collectionne les minéraux, les médailles, les boîtes à musique, le sable, les plumes et portes-plume, les jeux de cartes, les vieux cadenas et leurs clés ou les clés anciennes plus généralement, les vieilles montres et boussoles, ainsi que les armes, blanches ou à feu. Oui, son lieu de résidence ressemble plus à un musée qu’à un appartement. ✎ (06) il possède un permis de port d’armes qu’il renouvelle aussi souvent que nécessaire, histoire d’être en règle avec les autorités. Au moins un minimum. ✎ (07) pratique le combat libre depuis l’âge de 14 ans et a pris un certain nombre de cours de self-défense au cours de sa vie, ce qui fait de lui un bon combattant, même si on ne s’en doute pas forcément au premier regard. ✎ (08) a vécu 5 ans en France pour faire ses études d’art aux Beaux-arts, à Paris. Il y a confirmé sa grande passion pour le dessin et l’art en général. Même si cette période comporte aussi ses zones d’ombre. ✎ (09) petit génie de l’informatique, il adore chercher les failles dans les programmes et la sécurité des bases de données des sites internet. À Paris, il a déjà piraté plusieurs systèmes de sécurité de quelques boutiques mais a très vite laissé tomber pour se contenter de chercher des informations qui pourraient lui être utiles. ✎ (10) a suivi des cours de tir durant son adolescence, et a pris quelques cours supplémentaires à Paris, les weekends. ✎ (11) a une excellente mémoire visuelle, un peu comme s’il photographiait tout et rangeait chaque photo dans une partie de sa mémoire. ✎ (12) tueur à gages, son pseudonyme de Destaïr n’est pas tellement connu, il ne fait pas beaucoup parler de lui mais ses clients sont toujours satisfaits de son travail. Il est efficace et alterne les méthodes en fonction de la cible. Mais il s’est toujours réservé le droit de refuser un contrat, pour respecter ses propres principes. ✎ (13) sous ses tatouages se cachent quelques cicatrices, anciennes traces de mauvais coups, vieilles bagarres. Mais surtout la marque d’un bon coup de couteau entre les côtes. ✎ (14) anti-alcool. Il ne boit pas, ne se drogue pas. Son seul péché est la cigarette électronique, lorsqu’il se sent nerveux ou stressé. Ca l’aide à garder son calme lorsqu’il sent qu’il perd patience. ✎ (15) son téléphone est plein de photos d’un énorme matou roux à poils longs nommé Garfield, adopté il y a quelques années, et d’un chiot Groenendael nommé Montmartre qui fait des ravages dans son appartement. ✎ (16) a fugué de chez lui à 15 ans, et a passé plusieurs jours dans la nature, à dormir dehors dans le parc national à côté, à se nourrir de conserves, de fruits et de poissons. ✎ (17) grand adepte des bains de minuit, aller piquer une tête dans un lac, nu, en plein nuit d’hiver, ne le dérange pas le moins du monde. ✎ (18) aime beaucoup les voyages et essaye de partir au moins deux fois par an pour découvrir un nouveau pays. Il a déjà fait le Japon, le Tibet, l’Inde, Haïti, New York et la Floride, le Brésil, le Pérou, Madagascar, la Sibérie, l’Italie, le Royaume-Uni, l’Espagne, les îles canaris, l’Allemagne, la Grèce, la Crête, la République tchèque… ✎ (19) essaye toujours d’avoir les bases de la langue nationale des pays qu’il visite, même s’il revient volontiers à l’anglais quand il atteint ses limites. Mais par conséquent, il a les bases d’un grand nombre de langues, sans avoir de quoi avoir une conversation complexe. ✎ (20) végétarien, il refuse de manger ne serais-ce qu’un peu de viande. Par contre il mange occasionnellement du poisson.



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cool tongue
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Aimeric Shughart

MessageSujet: Re: Aimeric ♠ draw a drowning   Dim 5 Fév - 0:24

Once upon a time, in real life
Not a dream anymore


I want to be an artist
Jasper - 15 ans ; Le moment choisi n’est sans doute pas idéal. De toute manière, il ne faut jamais chercher à parler à ton père quand il revient du bar. Mais ce soir, c’est ce que tu fais. Pire, plutôt qu’entamer une discussion simple et joyeuse, tu es venu chercher la provocation. Tu es venu lui annoncer que lorsque auras terminé ce cycle, tu feras des études d’art plastique. Ta décision est prise, du haut de tes quinze ans tu sais ce que tu veux, peu importe ce que les autres en penseront. Tu en as assez d’être dirigé, tu en as assez qu’on te dise quoi faire, comment le faire, que penser, comment réfléchir… Tu ne veux pas. Ce n’est pas toi de te faire contrôler, même par ton propre père. Il est grand temps de trouver ta place dans ce monde, et savoir qui tu es réellement, loin de ce contexte familial étouffant.

-Non Aimeric. Le dessin, ce n’est pas un métier.
-J’en ferai le mien pourtant.
-C’est hors de question. Retourne dans ta chambre.
-Non papa. Non, tu ne me forceras pas à devenir ce que tu veux que je sois. Je refuse de finir comme toi, les ailes brisées avant d’avoir vraiment pu les déployer, à se crever entre le chantier et le bar. Je refuse de devenir une merde comme toi.


La gifle part, sans prévenir, et sa main s’abat violemment sur ta joue. Tu tournes la tête alors que ta peau te brûle. Tu as l’impression de sentir l’empreinte de sa paume sur ta joue. Tu es allé trop loin, tu n’es pas idiot, tu l’as bien compris. Mais tant pis. Ce n’est pas la première gifle que tu te manges et ce ne sera pas la dernière. Tu sais que tu lui fais du mal, tu sais qu’il souffre de cette situation, qu’il se dégoûte. Mais il n’a jamais bien réagi. À tes yeux il n’a fait qu’abandonner, se laisser aller et c’est ce que tu cherches à lui faire comprendre. Il faut qu’il se reprenne. Il faut qu’il cesse de boire, qu’il cesse de t’imposer ses choix aussi. Tu n’as jamais voulu apprendre le combat libre. Tu n’as jamais voulu apprendre à te servir d’une arme à feu non plus. Ce sont ses choix. Il espère que, toi, tu suivras ses traces, que tu feras ce que lui n’a pas fait. Ce n’est pas suffisant qu’un de tes frères ait rejoint l’armée. Ou alors, tu devrais reprendre le garage. Mais la mécanique, tu n’aimes pas cela. Rien ne sera jamais aussi passionnant que dessiner, se perdre des heures sur la meilleure manière de tracer l’image qu’on a en tête.

Ton père quitte le salon. Ton regard le suit sans comprendre. Que compte-t-il faire ? Ton coeur se serre, alors que tu devines ce qui vient de lui traverser l’esprit. Aussitôt tu files à ta chambre. Et c’est là que tu le trouves, à arracher tes dessins du mur. Ton coeur rate un battement. Non. Il ne peut pas faire cela. Il n’a pas le droit de détruire ton travail. Alors tu te jetes sur lui.

-Papa ! Arrête !
-Je t’interdis de devenir artiste !
-Ne touche pas à mes dessins !


Trop tard, le papier se déchire, les dessins partent en morceaux. Des jours, des semaines, des mois de travail disparaissent sous tes yeux sans que tu puisses l’en empêcher. Tu as envie de hurler, de le frapper, mais tu sais pertinemment qu’il reste plus fort que toi, et qu’il n’aurait pas le moindre mal à te remettre à ta place. Tu essayes pourtant, récupérant quelques carnets que tu serres contre toi, pour les protéger. Et lorsqu’il essaye de te les reprendre, tu recules d’un bond, hors de portée.

-Je te hais !

Tu ne veux plus le voir. Il n’avait pas le droit de détruire ton travail. Il n’avait pas le droit de faire cela. Tu le détestes. Tu le hais. Tu fais demi-tour et quitte la demeure sans te retourner. Tu ne veux plus le voir. Tu n’en peux plus.


Don’t know who I am
Lac Maligne, Parc national de Jasper - 15 ans ; Les pieds dans l’eau, tu observes les montagnes en face de toi. Les sommets enneigés se reflètent dans les eaux turquoises qui se confondent avec le ciel. Tu aimes cette vue. C’est toujours magnifique, qu’on soit en été ou en hiver. Tu dessines beaucoup les paysages du parc national. Tes carnets en sont pleins, et tu viens d’en commencer un nouveau. Tu es arrivé hier soir, peu avant la tombée de la nuit. Tu n’as eu de cesse de marcher depuis que tu as fugué de la maison. Tu ne t’es arrêté que dans une boutique le jour de ton départ, pour acheter un sac à dos, un sac de couchage, des bouteilles d’eau et des conserves. Voilà plus d’une semaine que tu marches ainsi, t’arrêtant la nuit, t’arrangeant toujours pour dormir en hauteur, dans un arbre.

Il faut dire que tu connais bien le parc. Tu l’as parcouru de très nombreuses fois, les chemins de randonnée n’ont plus aucun secret pour toi, surtout depuis que tu accompagnes certains guides depuis deux ans. C’est pour cette raison que tu as décidé de fuguer dans la nature, sans carte ni téléphone. Tu te sens à l’aise sur ces chemins, au milieu de ces montagnes, le long des rivières et au bord des lacs aux eaux claires. Toi qui es adepte des simples dessins, ces paysages sont ceux que tu peins volontiers à l’aquarelle. Ici, tu te sens bien, apaisé. Il n’y a pas ton père qui rentre le soir, un verre de trop dans le nez, et qui vous crache sa colère en plein visage.

Ramassant un caillou à côté de toi, tu l’observes sous tous les angles. Il est plat, de forme ovale. Idéal pour les ricochets. Un doux sourire étire tes lèvres et tu te relèves. Le caillou tourne et se retourne entre tes doigts. Tu calcules comment le lancer, dans quelle direction l’envoyer pour que sa course ne soit pas interrompue par un autre caillou ou un remou. Tu t’autorises une seconde de réflexion, puis lances ce qu’il y a dans ta main. Et tu comptes. Un. Deux. Trois. Quatre. Cinq. Six. Sept. Huit. Neuf. Dix. Onze. Douze. Treize. Quatorze. Zut, déjà fini. Une légère moue fait son apparition sur ton visage, alors que tu te rassois.

Les minutes défilent, tu observes les nuages glisser paresseusement dans le ciel clair de cette journée d’été. Les rayons solaires te réchauffent, tu somnoles quelque peu. Et lorsque tu entends du bruit, tu ne bouges pas. Parce que tu sais reconnaître le bruit que font les pas humains dans ce genre d’environnement. Un animal ne se ferait pas repérer, un prédateur encore moins. Tu sais que tu ne risques rien, c’est pour cela que tu restes parfaitement immobile, ton regard redescendant sur le lac. La surface se trouble lorsqu’un caillou enchaîne les ricochets à sa surface. Tu les comptes. Seize. Tu as perdu. Un léger soupir t’échappe et tu lèves enfin les yeux.

-Je savais bien que tu finirais par venir ici.
-Tu me connais un peu trop bien Ethan…


Un sourire. C’est ce qui illumine son visage, malgré ses traits tirés. Il a l’air d’avoir mal dormi. Ethan est un des jumeaux, tes frères aînés. Celui qui est resté, l’autre est parti pour Ottawa à sa majorité. Il s’assoit à tes côtés et tu viens te caller contre lui.

-Pourquoi es-tu là ?
-Ca fait neuf jours que tu as disparu… On était tous mort d’inquiétude pour toi…
-Menteur… Je suis sûr que papa s’en fiche, qu’il a bu encore plus que d’habitude… Il ne sera pas soulagé de me voir rentrer, je me prendrai juste quelques tartes et rien n’aura changé…


Pas de réponse. Tu sais que tu as raison. Tu as beau être le chouchou, le petit dernier qui a toujours tout fait pour plaire à son père, cela ne l’empêchera pas d’être profondément en colère contre toi. Tu ne veux plus être un panton, tu ne veux plus ignorer qui tu es. Tu ignores quelle est ta vraie place, tu ignores qui tu es réellement, lorsqu’il n’est pas derrière toi, quand ses attentes ne pèsent pas sur tes épaules.

-Tu sais bien que la provocation n’était pas la meilleure méthode…
-Oui… Mais rien ne fonctionnera avec lui… Tu sais, je pense faire comme Theo plus tard… Je fais déjà des économies sur mes jobs d’été…
-Tu sais déjà où tu veux aller après ?
-J’aimerais aller aux Beaux-Arts, à Paris.
-En France ? C’est loin.
-Je sais. Mais j’ai besoin de m’éloigner. Enfin encore faut-il que je sois accepté par cette école, on verra ça plus tard…


Il te sourit et glisse une main dans tes cheveux, te décoiffant. Ton sourire fait écho au sien tandis que tu fermes doucement les yeux. Tu aimes ces instants d’intimité, ces moments où tu peux profiter de tes aînés, où tu te sens protégé à leurs côtés. Rares instants de paix, où tu peux profiter d’eux sans avoir à t’inquiéter de votre père.

-Je te ramène à la maison ?
-Oui…


Tu te relèves, lui à ta suite. Tu lui souris et vous faites demi-tour après que tu ais pris le temps de mettre tes chaussures. Tu n’as pas hâte de rentrer. Mais il le faut bien. Tu es mineur, et jamais Theodore n’accepterait de t’héberger quelques années. Tu en es convaincu. Il ne veut plus avoir affaire à vous. Et pour cela, tu le détestes. Pour vous avoir abandonné, tous les trois.


Beginning of a dream
Paris - 18 ans ; Tu dessines. Les coups de crayon s’enchaînent avec rapidité et précision. Tu n’as pas choisi de dessiner le sujet principal de ce cours, non. Tu as choisi de faire autre chose, de te démarquer. Ce n’est pas forcément ce qui te valorisera, mais tu n’aimes pas entrer dans le rang. Toi, ta spécialité, c’est de casser les codes, même si cela ne fait que deux mois que tu as été accepté dans cette école. Ce que tu fais ? Tu dessines une de tes camarades de classe, en train de travailler sur ses esquisses. Capter le mouvement, le figer dans le temps pour mieux le reproduire, après de longs instants d’observation. C’est un défi que tu te lances, mais tu ne t’inquiètes pas. Tu y arriveras.

Tu la regardes. Ses longues mèches blondes s’éparpillent dans son dos, mais tu préfères quand elle les a détachés, comme lorsqu’elle a commencé son dessin. C’est ainsi que tu la dessines, ainsi que tu relèves les défis. Un sourire aux lèvres, tu continues. Sa main a des gestes vifs, précis et rapides. Tu envies un peu la précision dont elle arrive à faire preuve. Un peu. Vous n’avez pas les mêmes méthodes, les mêmes centres d’intérêt non plus. Vos travaux sont même rigoureusement opposés. Ce n’est pas grave. Quand les univers s’opposent, cela ne peut qu’être une force. Il faut apprendre des autres, chercher à les comprendre et s’adapter. C’est ainsi que tu conçois les choses, tes traits de crayon, la manière dont tu dois travailler. Tu es tellement concentré que tu n’entends pas votre professeur arriver derrière toi.

-Hé bien Monsieur Sugart, le sujet du jour n’est pas suffisamment intéressant pour vous ? Il est vrai que Mademoiselle Mallet est un bien joli sujet. Mais plutôt que la dessiner en cours, vous devriez directement aller lui proposer un rendez-vous.

Les rires se font entendre tandis que tes joues chauffent soudainement. Tu as tu peu honte de t’être fait avoir de cette manière. Tu en veux à ton professeur de t’avoir charrié devant toute la classe. Valérie elle-même se retourne vers toi et rit. Tu baisses les yeux une seconde, observant ton dessin. Peu importe ce qu’il dit, tu es fier de ce que tu as commencé. C’est pour cette raison que ton regard se relève bien vite.

-Monsieur, je sais que l’anglais n’est pas la spécialité des français mais j’apprécierais que vous cessiez d’écorcher mon nom de famille. Alors avant de venir critiquer un travail que j’ai volontairement voulu plus compliqué que l’exercice imposé, allez prendre des cours d’anglais. Parce que mon nom est Shughart, et pas Sugart. Mais je vais quand même suivre votre conseil. Valérie, accepterais-tu de venir manger un soir au restaurant avec moi ?

Silence dans la salle. Au moins ta réponse a fait son petit effet. S’il croit que tu vas te laisser marcher sur les pieds par quelqu’un d’incapable de prononcer correctement ton nom de famille, il se fourre le doigt dans l’oeil, jusqu’au cerveau. Il en perd ses mots et toi tu es fier de toi.

-Gardez votre langue dans votre poche, jeune homme. Cela vous évitera des ennuis.

Bien sûr. Tu te contentes d’un simple haussement d’épaules et retournes à ton dessin, tandis qu’il s’éloigne. Par contre, tu n’as eu aucune réponse de la part de Valérie. Dommage. Enfin, tu doutais très franchement qu’elle s’intéresse à toi. C’est donc avec surprise que tu vois un petit mot arriver sur ta table. Un petit mot écrit au crayon, de traits souples et précis. “Avec plaisir pour le restaurant. On en parle à la sortie du cours. V.” Un nouveau sourire éclaire ton visage, et ton regard se tourne vers la demoiselle qui occupe tes pensées et ton dessin. Elle t’adresse un clin d’oeil, avant de se tourner sur sa feuille. C’est une bonne journée, vraiment. On peut dire que tu es heureux d’avoir quitté ton pays natal pour la France, malgré l’absence de tes paysages chéris. Tu es dans ton élément, à Paris.


Am I a bad boy ?
Paris - 19 ans ; Le regard fixé sur ton écran, tu enchaines les commandes, attentif à tout. À la moindre erreur, tu échoueras et l’opération se révélerait dangereuse. Pas pour votre vie, non, mais tu n’as pas tellement l’intention de finir tes jours en prison pour cambriolage. Alors tu es entré dans le système de sécurité de la boutique, et tu prends bien soin de désactiver tout ce qui pourrait alerter les autorités. Tu ne pensais pas qu’un jour tes dons en informatique t’aideraient à ce genre de choses. Tu ne t’imaginais pas organiser des cambriolages. Mais c’est grisant. L’adrénaline coue dans tes veines, te rend plus attentif. C’est comme une drogue, tout autant que lorsque tu es allé directement sur le terrain. Oui, tu as déjà participé à trois cambriolages dans des boutiques de bijoux, avant de passer du côté informatique. Tu es plutôt habile lorsqu’il s’agit d’interchanger les bijoux. Pas une seule fois tu n’as eu besoin d’utiliser l’arme qu’on te prêtait pour les occasions. Pourquoi chercher à utiliser la violence, quand l’audace et l’imagination peuvent suffire ?

-Grouille le canadien, on n’a pas toute la nuit !
-Minute, c’est un système plus compliqué que les précédents.
-On s’en fout que ce soit plus compliqué. T’as désactivé les caméras ?
-Oui, j’ai coupé l’enregistrement et mis en boucle les trois dernières minutes.
-Parfait.
-Non, att. Ok, c’est bon, j’ai tout désactivé. Mais qu’ils fassent vite, une coupure trop longue serait louche. La prochaine fois qu’on tombe sur ce genre de système, rappelle-moi de programmer une coupure de courant sur tout le quartier, ce sera plus rapide.


Il hoche la tête et donne le signal à la bande. Vous n’avez plus qu’à attendre que le reste de la bande fasse le sale boulot. Vous deux, vous êtes bien à l’abri, dans un tout autre quartier. Qui aurait cru que tu sombrerait dans la délinquance. Qui aurait pu imaginer que tu arriverais là ? L’alcool, la drogue, la clope. Les mauvaises fréquentations. Tu as plongé dans tout ce que tu ne voulais pas tomber, autrefois. Tu t’en rends bien compte, mais être un gentil garçon avait fini par être lassant. Tu es jeune, tu as des capacités, tu veux les exploiter avant qu’il ne soit trop tard. Tu veux vivre, découvrir tes limites. Peu importe qu’elles soient loin, au moins tu sauras jusqu’où tu peux te permettre d’aller. Pour découvrir jusqu’où tu peux te détruire, quels principes tu peux piétiner, pour devenir quelqu’un.


Rebirth
Paris - 20 ans ; Un gémissement t’échappe, mais les jurons que tu rêves de prononcer restent bloqués au fond de ta gorge. Tu as mal partout. Tu ne te souviens pas de t’être un jour senti aussi mal. Que t’es-t-il arrivé ? Pourquoi as-tu l’impression d’être passé sous les roues d’un 4x4 ? Tu as beau être sur quelque chose d’assez moelleux - un peu trop peut-être - la pression que ce qui est certainement un matelas exerce sur ton corps t’est insupportable. Où es-tu ? Même tes paupières te semblent douloureuses. Tu n’as pas envie de les ouvrir, tu n’as pas envie de te faire aveugler par une quelconque lumière. Quelque chose te gêne au fond de la gorge, alors tu tousses, de plus en plus. Jusqu’à ce que tu sentes qu’on te retire la chose de la gorge. Un nouveau gémissement t’échappe. C’est douloureux. Ta respiration se fait sifflante, tes côtes sont douloureuses, comme fracassées. Et tu te sens un peu à l’étroit, sans trop comprendre pourquoi. Quelque chose ne va pas. Vraiment.

Tu ignores combien de temps passe, si ce sont des minutes, des heures. Peu importe, tu finis par les soulever. Tout est blanc. Aussitôt, c’est comme si tous tes sens te revenaient. Cette odeur de médicaments et de désinfectants. Typique des hôpitaux. Aussitôt ton rythme cardiaque accélère, de même qu’un bip très dérangeant. Pourquoi es-tu à l’hôpital ? Pourquoi es-tu seul ? Tu as du mal à te souvenir, mais une certitude se fraye dans ton esprit : tu es en France. Même si ta famille est prévenue que tu as eu un accident, ils ne traverseront pas la moitié du globe pour venir à l’hôpital, sauf si tu as frôlé la mort. Tu t’agites, des infirmières entrent, injectent quelque chose dans ta perfusion, très certainement un calmant. Quelques minutes plus tard, tu t’endors.

À ton réveil, tu es plus calme. Un peu. Mais tes souvenirs te sont revenus. Tu te souviens de cette nuit de balade avec Gabriel. Une soirée en amoureux, un restaurant puis une balade sur les quais de Seine. Et plutôt que prendre les grandes rues pour rentrer, vous avez eu la très mauvaise idée de passer par une petite rue sombre. Tu n’aurais pas du t’arrêter pour l’embrasser. Si tu t’étais tenu tranquille, ces connards ne s’en seraient pas pris à vous. Les insultes que tu as renvoyées. Puis les coups. Que tu as rendus. Mais tu as beau savoir te battre, à deux contre six, vous n’aviez aucune chance. Et lorsque ce poignard s’est frayé un chemin entre tes côtes, tu t’es écroulé. Le sang a coulé et tu as perdu connaissance, tenant la main de ce pauvre Gabriel. Gabriel. Un médecin entre.

-Comment va Gabriel ?
-Bonjour jeune homme. Comment vous sentez-vous ?
-Comment va Gabriel ? Le garçon qui était avec moi, lui aussi s’est fait frapper.
-C’est votre ami ?
-Oui. On est très proches. Comment il va ?
-Calmez-vous s’il vous plaît…
-Je vous pose une question simple, répondez-moi !


Ce satané bip accélère, en même temps que ton rythme cardiaque. Tu as peur pour Gabriel. Si tout allait bien, il t’aurait déjà répondu, n’est-ce pas ? Tu bouges dans ton lit, t’assois, repousses la couverture et met tes jambes dans le vide. Tu pâlis aussitôt. Tes jambes sont en mauvais état, couverts d’hématomes. Heureusement, il n’y a apparemment aucune fracture. Le médecin se positionne devant toi, posant une main sur ton épaule. Tu le regardes, malheureux.

-S’il vous plaît, il faut que je sache comment il va…
-Je ne sais pas, son état est inquiétant. Il souffre de diverses fractures et de plusieurs plaies profondes. Vous vous êtes fait agresser ?
-Oui, par un groupe de jeune. Ils avaient des couteaux…
-C’est bien ce qu’on pensait… La police souhaiterait vous parler, lorsque vous serez suffisamment en forme.
-Oui. Mais et Gabriel ? Il a une chance de s’en sortir ?
-Je ne peux pas encore me prononcer… Je suis sincèrement désolé…


Tu baisses les yeux, te laissant retomber sur ton lit. Tu n’écoutes plus rien, tu ne veux plus répondre. Ton esprit sature. Gabriel, ton petit ami, dans le coma, entre la vie et la mort. Tu n’as pas été capable de le défendre. Tu t’en veux. Ta tête tourne. Si seulement tu avais pris un autre chemin avec lui. Si seulement tu avais pris une autre décision, si seulement tu l’avais protégé. Tu te sens affreusement mal. Tout cela parce que vous étiez deux garçons. Plus jamais cela n’arrivera. Plus jamais, tu te le jures.


Destaïr
/!\ Ce chapitre peut choquer. /!\
Spoiler:
 


Smile, you’re happy now
Ottawa - 23 ans ; Le parc. Le soleil est haut dans le ciel, ton ventre commence à gargouiller. Mais tu ne bouges pas, bien trop confortablement installé. Tes coups de crayon s’enchaînent sur ton carnet. Tu aimes t’installer ici pour dessiner, il n’y a pas grand monde pour te déranger. Les nuages glissent paresseusement dans le ciel d’azur, mais ce n’est pas yeux que tu regardes. Ton esprit s’est perdu dans les méandres de ton imagination, enchaînant les formes. Tu as terminé ta formation sanitaire il y a quelques mois, Gabriel et toi avez acheté une petite boutique que vous avez transformé en studio de tatouage. Vous n’avez pas encore de véritable clientèle, mais tu ne te fais pas de soucis. Vous avez tous deux du talent, vous aimez le dessin et le rapport aux autres. Vos univers différents se complètent, d’ici quelques temps votre travail sera reconnu et vous aurez des habitués du salon.

Tu termines une fleur toute en étoiles lorsqu’une ombre se fait sur ton carnet. Quelqu’un s’est positionné entre le soleil et toi, bloquant les rayons de l’astre de jour. Un soupir t’échappe tandis que tu lèves les yeux vers la personne qui a osé te déranger, prêt à lui demander de se déplacer. Mais les mots restent coincés dans ta gorge lorsque ton regard croise celui du jeune homme devant toi, alors qu’un sourire sincère étire tes lèvres. Il est là.

-Je savais bien que tu serais là.
-Qu’est-ce qui me vaut la visite de Monsieur le Grand Sorcier ?
-Rien de particulier, je voulais juste te voir.


Ton sourire est sincère. Tu es ravi de le voir, même. Tu l’as rencontré ici même, dans ce parc, à ton retour au pays. Une rencontre idiote, tu ne regardais pas où tu allais, trop occupé à envoyer un sms à ta soeur. C’est là que tu l’as bousculé et que vous avez tous deux fini à l’eau. Et après avoir râlé un coup, vous avez tous deux éclaté de rire. Heureusement que c’était l’été, sinon, vous auriez certainement attrapé froid. Une rencontre au hasard, une bousculade, tout ce qu’il y a de plus classique. Cela aurait pu s’arrêter là, mais plutôt que rentrer chacun chez soi, vous vous êtes installés dans l’herbe et vous avez parlé pendant des heures sans voir le temps passer. Ce n’est qu’à la tombée de la nuit que vous vous êtes séparés. Et vous vous êtes retrouvés le lendemain. Depuis, c’est un peu un rituel de vous retrouver ici. Tu lui désignes l’herbe à côté de toi et il s’assoit, te volant ton carnet au passage.

-Hééé ! Rend-moi ça, sale voleur ! J’ai pas fini !
-Je m’en moque. J’ai envie de voir la prochaine horreur que tu prévois de tatouer sur le corps d’un pauvre humain innocent.
-Prochaine horreur ? Non mais je ne te permets pas ! Je suis un artiste, je réalise des chef d’oeuvre ! Tu devrais m’admirer, non pas dénigrer ainsi mon travail !
-Cause toujours. C’est une horreur, point.


Tu sais qu’il plaisante. Il plaisante toujours avec toi. Il n’empêche que tu en es un peu vexé. Tu n’as pas l’habitude d’entendre dire que ton travail n’est pas beau. Au contraire, et cela te touche plus que tu le souhaiterais. Tu sais bien que tu devrais prendre tout cela à la rigolade, mais tu voudrais vraiment l’entendre dire qu’il aime ton travail. Pourquoi lui plutôt qu’un autre ? Parce qu’il te refuse ce plaisir, sans doute. Parce que tu as envie de voir son superbe sourire illuminer son visage, son regard pétiller devant un de tes dessins. Tu veux lui faire plaisir, sincèrement. Mais en attendant, tu fais la moue et récupères ton carnet.

-Tu vas voir, un de ces jours je ferai un dessin que tu ne pourras pas prétendre horrible. Et tu l’aimeras tellement que tu voudras que je te le tatoue.
-J’ai hâte de voir ça ! Mais je doute que tu y arrives.
-Cent dollars que j’y arrive.
-Paris tenu !


Vous riez, l’un et l’autre. Tu savais que cette histoire de pari le ferait craquer. Il ne résiste pas aux paris. Et toi, tu te jures que tu y arriveras. Tu trouveras ce dessin qui le fera fondre, qui lui correspondra en tout point qu’il acceptera d’intégrer à son être. Tu y arriveras. Pour lui.


Fall in hell
Ottawa - 24 ; Non. Ta tête tourne, ton coeur se fige et tes jambes ne te supportent plus. Tu t’effondres. Ce ne peut pas être vrai. Cela n’a pas pu arriver. Non, tu refuses de l’entendre, tu refuses de le comprendre. Tu secoues la tête de gauche à droite, tes mains glissant dans tes cheveux, tirant dessus. Non, tu ne veux pas. C’est impossible. Cela n’a pas pu arriver. Le coeur repart, mais chaque battement se fait plus douloureux que le précédent. Il ne mérite pas cela. Ethan ne mérite pas cela. Pas lui. N’importe qui mais pas lui. Tu ne veux pas. Pas ainsi, pas dans une émeute. Non. Il ne peut pas vous abandonner ainsi, il doit vivre, pour sa fiancée, pour cette vie qu’il devait construire, pour votre famille. Il ne peut pas disparaître. Tu as mal. Tu revis l’instant où tu as appris l’état de Gabriel, mais en bien pire encore. Parce que cette fois il n’y a aucun espoir et au fond de toi, tu le sais.

-Non, ce n’est pas possible… Pas Ethan…
-Aimeric… Je suis désolée, tellement désolée…
-Il ne méritait pas ça… C’est un cauchemar, je vais me réveiller…


Elle s’agenouille sur le sol, se met à ta hauteur. Ses bras viennent t’entourer, t’attirant contre elle. Tu te laisses faire, trop abattu pour protester. Tes larmes coulent, dégringolent sur tes joues, tracent des sillons dans ton cou et disparaissent sous tes vêtements. Tes épaules tremblent, secouées de sanglots. Plus jamais Ethan ne te décoiffera, plus jamais il ne te surprendra en te trouvant sans le moindre mal, en te prouvant que peu importe combien tu souhaites te cacher de lui, il finira toujours par découvrir la vérité. Enfin, celle concernant Aimeric.

Tu ne lui as pas laissé l’occasion de découvrir la part sombre de ton être, que tu enfermes derrière tes tatouages. Cage d’encre dont tu es le seul à détenir la clé, maigre protection contre un fauve bien plus dangereux que n’importe quel animal sauvage. Un monstre que tu t’efforces de tenir en laisse, ne lui autorisant que de rares sorties, lorsque le challenge est à la hauteur, lorsqu’il y a suffisamment à faire pour calmer sa soif d’adrénaline, de sang. Il faut bien calmer la bête, de temps à autre. Comment aurait-il réagi s’il avait découvert Destaïr ? Mal, très certainement. Tu préfères qu’il ait toujours vu en toi l’artiste, celui qui vit pour le dessin et maintenant les tatouages. Lui plus qu’un autre, il méritait d’être écarté de la triste réalité. Tu n’aurais pas supporté de voir de la déception dans son regard, encore moins de la colère ou de la peur.

-Ca va aller, Aimeric… Il faut être fort… Il n’aurait pas voulu qu’on se laisse abattre… Il n’aurait pas voulu que… Qu’on…

Tu le sais bien. Tu sais qu’il n’aurait pas voulu vous voir vous effondrer. Mais c’est tellement dur. Dur à comprendre, dur à intégrer. Mort. Définitivement. Pourquoi ? Pourquoi ces émeutes t’on-t-elles arraché un frère tant chéri ? Pourquoi lui bon sang ? Ils n’avaient pas le droit ! Pourquoi la vie est-elle aussi injuste ? Pourquoi les innocents sont-ils toujours les victimes dans ce genre de cas ? Pourquoi ? Tu voudrais tant éclater, laisser parler ta colère, sortir et calmer cette rage qui embrase son coeur, réveillant le fauve. Mais ta conscience l’enchaîne, le calme, le rendort. Tu n’as personne contre qui te retourner. Tu ne peux pas haïr toute une partie de la population, des gens qui ont peur, qui cherchent à comprendre ce qui leur arrive, qui cherchent à être soignés. Tu ne dois pas, tu ne peux pas leur en vouloir aveuglément. Tes sanglots se calment, la source de tes larmes se tarit. Tu vas devoir être fort. Pour la fiancée d’Ethan, pour le reste de ta famille. Toi, tu vas garder la tête haute, pour eux. C’est à toi de les soutenir, maintenant qu’Ethan n’est plus là. Parce que tu ne peux absolument pas compter sur ton autre frère pour soutenir votre famille.


Desaster
Ottawa - 28 ans ; Non, non, non… Tu tournes en rond. Ce n’est pas bon, les choses ne tournent pas de la manière dont elles auraient dû. Ton coeur se serre, tu te sens mal. Tu as l’impression que tu vas tourner de l’oeil. C’est ta faute. Tu as fait une connerie. Mais tu ne pouvais pas prévoir qu’ils lui colleraient ce meurtre sur le dos. Tu ne pouvais pas prévoir que cela lui retomberait dessus ! Tu n’aurais pas dû accepter ce foutu contrat. Tu aurais dû refuser. D’un côté, quelqu’un d’autre s’en serait chargé à ta place, et peut-être que les choses auraient mal tourné pour Lui. Tu ne voulais pas qu’il souffre plus que cela. Tu ne voulais pas. Le voir dans cet état, constater tous ces bleus sur sa peau, les coupures, son regard éteint alors que tu l’as connu pétillant. Non, ce n’était plus possible. Tu te laisses tomber sur ton fauteuil, glissant les mains dans tes cheveux, tirant désespérément dessus.

-Outch ! Garfield, ne me saute pas dessus sans prévenir !

Hé oui, une masse de poils orange vient de te sauter dessus, écrasant tes genoux. Ce chat est énorme, tu te demandes bien comment il fait pour se déplacer tellement il est gros. Le vétérinaire l’a mis au régime mais même au bout de plusieurs mois, tu n’as pas l’impression qu’il ait perdu le moindre gramme. Pauvre bête. Qui s’en fiche de tes protestations, s’allongeant sur tes genoux et commençant à ronronner. Un léger sourire fait enfin son apparition sur tes lèvres, tandis que tu glisses une main dans son doux pelage.

-Tu choisis bien ton moment pour réclamer un câlin, tiens.

Et toi tu cèdes à ton chat. Comme toujours. Parce que ses ronronnements te détendent. Tu aimes l’écouter, le sentir vibrer sur tes genoux. Mais cela ne t’empêche pas de réfléchir, de penser à cette nuit. Un ministre désigné comme cible. Son maître, celui qui le maltraitait, qui le détruisait depuis quelques temps. C’est pour cela que tu as accepté ce contrat, pour cela que tu t’es quelque peu fait plaisir pour l’exécution. Tu L’avais enfermé à clé dans sa chambre pour qu’il ne puisse rien voir, pour qu’on ne puisse pas L’imaginer complice du meurtre. Et pourtant c’est ce qui est arrivé. Un ministre, retrouvé pendu chez lui, avec un peu d’eau dans les poumons. Visiblement, ils ont trouvé cela trop louche. Tu aurais dû l’exécuter plus simplement, avec une arme à feu, peut-être qu’ils n’auraient pas pensé qu’un sorcier serait impliqué dans cette histoire. Tu t’en veux affreusement. Maintenant, il est chez les militaires. Comment vas-tu réussi à le faire sortir de là ? Comment peux-tu l’aider ? Comment peux-tu le voir ? Il faut que tu mettes au point un nouveau plan de bataille. Et vite. Mais après avoir câliné ton énorme matou.


Montmartre
Ottawa - 29 ans ; Le chiot s’agite dans tes bras, essaye de te mordiller le cou. Tu ris un peu, ne pouvant t’empêcher de le trouver absolument adorable. Cette petite chose à poils noirs n’a pas encore eu l’occasion de mettre les pattes dans l’appartement, tu es allé le chercher aujourd’hui. Par contre, tu appréhendes un peu la réaction de Gabriel. Il râle beaucoup après Garfield, parce que ton chat est un vrai connard par moments. Tu ne comptes plus le nombre de fois qu’il a fait tomber des verres pleins sur le sol, tout en vous regardant. Un vrai sale gosse. Et il râle aussi beaucoup sur toutes les touffes de poils qui traînent un peu partout, surtout sur le canapé. Et sur la quantité de nourriture qu’il ingurgite. En fait, il se plaint tout le temps de ton chat. Mais il l’adore quand même, parce qu’il n’est jamais le dernier à lui accorder des câlins. Tu sais que cela se passera de la même manière pour ce chiot. Un chiot qui va te suivre partout d’ailleurs, même à ton salon de tatouage. Il n’aura simplement pas le droit d’entrer dans la pièce de tatouage, par mesure d’hygiène.

Tu ouvres la porte de l’appartement, et poses le chiot au sol. Celui-ci détale aussitôt, commençant à renifler tout ce qui se trouve à sa portée. Tu souris tendrement et refermes la porte derrière toi. Le collier rouge se distingue à peine dans la masse de poils noirs. C’est un amour, ce chiot. Enfin, tu dis cela maintenant mais il est plus que probable qu’il devienne un vrai petit monstre en attendant d’être propre. Bref. Tu ranges ton manteau et la porte du salon s’ouvre sur Gabriel. Qui baisse les yeux sur la petite chose qui vient renifler ses pieds.

-C’est quoi cette chose ?
-Mon chiot. C’est un Groenendael de deux mois.
-Non mais je rêve. Ton chat ne prend pas suffisamment de place dans cet appartement ? Il faut qu’en plus tu nous ramènes une peluche qui va faire plein de bruit la nuit et ses besoins partout ?
-Cesse de râler. J’aurai quelqu’un pour m’accompagner dehors, moi, puisque tu ne veux pas.
-Tu ne me feras pas sortir tôt le matin, non.
-Alors il me faut un chien. Point.


Il lève les yeux au ciel, ce à quoi tu réponds par un sourire. Et la petite chose passe à côté des jambes de ton meilleur ami et colocataire, filant renifler Garfield. Qui se gonfle aussitôt et se met à feuler et cracher. Gabriel et toi échangez un regard. Et éclatez de rire, purement et simplement. Tu t’attendais à cette réaction de la part du matou, qui est tout de même plus gros que le chiot. Pour ta part, tu tapes un peu sur l’épaule de ton collègue.

-Ne t’en fait pas va, je vais le dresser ce chiot. Tu auras juste à lui faire des câlins lorsqu’il t’en réclamera.
-Je compte bien là-dessus.
te sourit-il.

Comment faire accepter un chiot à son colocataire, en deux phrases. Il va sur le canapé, pour ta part tu t’occupes d’installer tout ce dont le chiot aura besoin comme le panier, les gamelles, et les jouets. Tu es content. Tu vas pouvoir avoir quelqu’un avec toi pour ton footing. Il faut bien que tu te détendes les nerfs. Depuis qu’Il a atterri chez les militaires, tu te sens affreusement mal. Tu cherches sans relâche un moyen de l’en faire sortir. Dessiner et tatouer te détend, certes, mais ton esprit n’est jamais au repos. Tu te sens mal, vraiment. Mais tu fais de ton mieux pour ne rien montrer. Tu ne veux pas craquer. À la mort d’Ethan, tu t’es juré d’être fort pour ta famille, pour tes proches. Et tu comptes bien tenir parole encore un bon moment.


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Caïn Underwood

MessageSujet: Re: Aimeric ♠ draw a drowning   Dim 5 Fév - 0:30

MAIS QU'EST CE QUE TU ES HOT OMG ! :pedro: :OMG: :hysté: :fans:

J'vais aller m'intéresser de plus près à ta fichette, parce que là franchement, y'a du potentiel :pedro:

Rebienvenue ici ! :lalove:

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MessageSujet: Re: Aimeric ♠ draw a drowning   Dim 5 Fév - 0:32

:hahaha:
Merci, merci. :angel:

J'espère qu'elle va te plaire, elle est déjà finie. :siffle:

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MessageSujet: Re: Aimeric ♠ draw a drowning   Dim 5 Fév - 0:52

MAIS QUI QUE VOILA ?  :hahaha:  :hahaha:  :hahaha:
Dommage qu'on soit bros parce que  :sex:  :sex:  :sex:

Félicitations !
Fraichement validé, si ce n'est pas beau ça ?!

Tu sais déjà ce que je pense de ta fiche :plz: :plz: Sa relation avec la famille, avec Gabriel, tout ce qu'il a traversé.. Et les feels qui vont venir entre ton Aimeric et Teddy :please: bref je te valide avec plaisir, amuse-toi bien avec cet autre perso !  :faint:

Bienvenue à Ottawa !

Nous espérons de tout cœur que tu te plairas parmi nous et que tu resteras longtemps sur IV (sinon on te kidnappe et on te fait un lavage de cerveau :excellent: ).

Avant toute chose, si tu es encore un peu perdu par rapport au contexte, tu peux consulter l'Annexe du flemmard qui te résumera l'essentiel (n'hésite pas à cliquer sur les petits liens pour plus de détails :wink: ), sinon tu peux faire appel à n'importe quelle staffienne qui sera ravi de te répondre.
Pense à aller voir comment le système de points et la Boutique fonctionnent :thinking: . Nous t'invitons également à aller faire ta fiche de liens et RPs, ne serait-ce que pour t'aider à te tenir à jour :book: .

Une fois la paperasse terminée, il n'y a plus qu'à te lancer ! Tu as pléthore de choix : outre les RPs lambdas (c'est rétro, mais toujours à la mode), tu peux aussi faire un flashback, flashfoward ou UA, tu peux également envoyer un mail, un sms, réagir sur les réseaux sociaux, ou encore participer à un event ou une mission. Et si tu as trop de choix et que tu ne sais pas par où commencer, fais un tour par les demandes de RPs.

Bref pas de contrainte, un max de liberté !



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Aimeric Shughart

MessageSujet: Re: Aimeric ♠ draw a drowning   Dim 5 Fév - 0:53

:hahaha:
Oui frangin, ça va se fighter et virer au drama dans nos rps. What a Face

Merciiiii !!! :lalove: :lalove: :lalove:

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Hécate Sparks

MessageSujet: Re: Aimeric ♠ draw a drowning   Dim 5 Fév - 13:00

Re-bienvenue !!!! :jaime: :cute:
Ta fiche envoie vraiment du pâté ! :love:

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Aimeric Shughart

MessageSujet: Re: Aimeric ♠ draw a drowning   Dim 5 Fév - 13:43

Merci Hécate ! :love:

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MessageSujet: Re: Aimeric ♠ draw a drowning   

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Aimeric ♠ draw a drowning
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